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Rythmes scolaires : « Je mesure la difficulté de la mise en œuvre de cette réforme pour de nombreux élus » – Vincent Peillon, ministre de l’Education

Déposé par dans 2 décembre 2013 – 1 h 00 minPas de commentaire

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Article extrait de La Gazette des Communes publié le 29 Novembre 2013

 

 

Suite au Congrès des maires 2013 qui s'est tenu du 18 au 21 novembre, le ministre de l’Education a accordé une interview à la Gazette des communes, pour revenir sur les nombreuses demandes que suscitent l’application de la réforme des rythmes scolaires.

 

 

Quelle est votre réaction face aux demandes de temps, de liberté d’application pour les maires, de souplesse dans le décret ?

C’est un peu paradoxal car au fond, il n’y a jamais eu autant de souplesse : une commune peut choisir de proposer 45 minutes ou 1h30 d’activités périscolaires, d’élargir la pause méridienne, de placer la cinquième matinée le samedi ou le mercredi matin…
Le décret offre justement beaucoup de souplesse en reconnaissant la place des maires et des collectivités dans la co-éducation, et en leur proposant de participer à la réflexion globale sur l’équilibre des temps de l’enfant.
Inversement, je ne peux pas contraindre une commune à organiser des activités périscolaires : elles jouissent de la libre administration des collectivités locales.
Un maire peut donc décider de ne pas proposer d’activités aux enfants après la classe.
La seule sanction qu’il encoure, c’est celle de ses administrés. Par ailleurs, je tiens à rappeler que les collectivités et les conseils d’école qui passent en 2014 auront eu de 2 ans pour s’organiser.

Vous avez, à plusieurs reprises, affirmé votre disponibilité à ajuster la réforme si besoin est. Quels sont les points à corriger ?

Je voudrais d’abord rassurer les collectivités, en rappelant que les maires qui sont déjà passés aux nouveaux rythmes sont très largement satisfaits – à 83%, d’après l’enquête de l’AMF.
J’ai entendu les interpellations sur le monde rural, mais je constate, aux côtés de l’AMF, que ce n’est pas là qu’il y a eu le plus de difficultés.
Regardez la question des animateurs : c’est la grande surprise ! Il est plus difficile d’en recruter dans les villes de plus de 10 000 et 30 000 habitants qu’en territoire rural.
Au Congrès des maires, j’ai appris beaucoup en écoutant Marie-Thérèse Mayzaud, présidente de la communauté de communes du pays de Camembert, expliquer les différentes organisations des écoles dans les communes de son intercommunalité et la mutualisation des moyens.
S’agissant des maternelles, il est légitime de prendre en compte la spécificité des rythmes des très jeunes enfants ; j’ai envoyé des recommandations en ce sens, approuvées par le comité de suivi. La réforme vise un meilleur temps scolaire, mais aussi la détente des enfants.
Cela suppose bien sûr de ne pas réveiller les petits de leur sieste, mais aussi d’adapter le nombre et l’intensité des activités aux âges des enfants.
Cela suppose aussi de veiller à l’identification des personnes et des lieux, ainsi qu’à porter un soin particulier aux transitions entre le scolaire et le périscolaire.

Quelles sont les mesures que l’Education nationale peut mettre en oeuvre pour accompagner la réforme ?

Je mesure la difficulté de la mise en œuvre de cette réforme pour de nombreux élus. Les recteurs, les Dasen, les IEN, les conseillers pédagogiques se sont engagés comme jamais dans un travail de concertation, d’écoute, de construction des projets, d’accompagnement des maires, pour trouver des solutions en respectant nos objectifs.
Je leur rends hommage et je leur adjoins 300 personnels supplémentaires pour les épauler.
Les territoires ont fait preuve d’une grande créativité et nous travaillons à rendre accessibles à tous les élus les bonnes pratiques identifiées : en termes d’activités, de recrutements, de coordination, de transports.

Vous attendiez-vous aux difficultés qui se sont fait jour au cours des trois premiers mois d’application de la réforme ?

Nous savions que cette réforme n’était pas simple pour les enseignants car elle les oblige à venir faire cours une demi-journée de plus, même si leur temps global n’est pas modifié.

Les parents ont aussi dû changer leurs habitudes, ce qui n’est jamais simple.
Mais ce qui compte le plus, c’est que ces nouveaux rythmes sont meilleurs pour les apprentissages des élèves ; tous les spécialistes de l’enfant en attestent : médecins, psychiatres, chronobiologistes… Chacun doit prendre conscience de ses contradictions, pour les dépasser : on dit que les enfants sont fatigués, mais on demande qu’il y ait plus d’activités ; on se plaint de la baisse du niveau, mais on ne veut pas donner un meilleur temps scolaire aux enfants…

J’ai toujours su que la réforme demandait un effort aux collectivités locales : il faut réorganiser les activités périscolaires, les ouvrir à un plus grand nombre d’élèves… Dès lors, je distingue très nettement les critiques émanant des élus qui agissent, qui font face aux difficultés dans l’intérêt des enfants, et les vociférations de ceux qui, mal informés ou de mauvaise foi, veulent dénigrer la réforme pour des raisons politiciennes, sur le dos des enfants. L’école mérite mieux que cela… Le rapport parlementaire de 2010 qui appelait à interdire la semaine de 4 jours a été voté par l’UMP. Nous devons être capables de nous rassembler pour nos enfants, et de nombreux maires de droite l’ont compris. Je ne veux pas que les enfants soient pris en otage des querelles d’adultes.

Que pensez-vous des inquiétudes sur les financements de la réforme dans le temps ?

L’éducation, la jeunesse : c’est l’investissement le plus noble et le plus rentable pour l’avenir. Nous devons nous donner les moyens de faire mieux pour les enfants de France. Ceux qui ont déjà mis la réforme en œuvre nous montrent l’exemple ; que les communes soient riches ou pauvres, elles ont donné la priorité à la jeunesse et en sont satisfaites.

Déjà l’an passé, des inquiétudes s’étaient manifestées sur la question des financements. Le Premier ministre a annoncé que 370 millions d’euros supplémentaires seraient pris en charge par l’Etat dans le cadre de la prorogation du fonds. Au terme de l’année scolaire 2014-2015, une évaluation sera faite afin de discuter ensemble des suites à donner. La jeunesse est une priorité pour la Nation et le restera.

Votre candidature aux européennes ne risque-t-elle pas de fragiliser les réformes en cours ?

Il y a beaucoup de confusion sur le sujet. Depuis 1997, j’ai toujours respecté la règle du non-cumul des mandats. J’ai été nommé ministre en tant que parlementaire européen. Si je ne me représente pas, je n’aurai plus de mandat et ne représenterai plus que… l’association des professeurs de philosophie ? Ce n’est pas ainsi que fonctionne la vie politique. Se présenter devant les électeurs, c’est une marque de respect pour la démocratie. J’ai choisi ce combat européen, qui est le mien depuis longtemps.

À six mois des élections de mai prochain, les commentateurs veulent déjà faire du Front national le premier parti de France, veulent le voir triompher, notamment, dans le Sud-Est. Je ne m’y résigne pas et je défendrai nos valeurs dans cette région-clé.

Aurais-je la force de travail pour tout affronter ? Quand je regarde le travail déjà accompli au cours des 18 derniers mois, je n’ai pas de doute. Je serai en campagne, sur le terrain, et je serai présent, au ministère de l’éducation nationale pour piloter les différentes réformes : de l’éducation prioritaire, des programmes, du numérique, des rythmes scolaires – car cette réforme n’en est qu’à ses débuts. 

 

 

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Au Sénat, 1ère audition de la mission d’information commune sur les rythmes scolaires

 

« A l’époque, il y avait consensus : la semaine de quatre jours est une ineptie ! il fallait l’abroger » ont martelé, lors de la première séance d’audition de la mission d’information commune sur les rythmes scolaires au Sénat le 26 novembre 2013, Odile Quintin et Christian Forestier, coprésidents du comité de pilotage de la Conférence nationale sur les rythmes scolaires.
Requise par les sénateurs UMP, la mission entend évaluer la mise en place de la réforme, recenser les difficultés rencontrées et en chiffrer le coût. « Nous n’avons pas caché que ce serait une réforme coûteuse. La situation d’aujourd’hui est donc difficile à comprendre, c’est un vrai concentré d’hypocrisie » reprennent-ils, rappelant que les « collectivités étaient preneuses du sujet et de temps ».
Prenant la parole à la suite des chercheurs, Martine Caraglio, inspecteur général de l’administration de l’éducation nationale, a fait part des premiers résultats des visites de terrain qu’elle a entreprises dans une quinzaine de départements : « là où c’est appliqué, ça marche et les grèves enseignantes ont été moins suivies ».
L’inspectrice souhaiterait toutefois voir se développer une démarche scientifique d’analyse de la fatigue chez les enfants.
Pour finir, Jacques Pélissard, président de l’association des maires de France, a rappelé les négociations de l’AMF pour obtenir la pérennisation des financements, l’harmonisation des taux d’encadrement, des assouplissements pour les maternelles et le rendu des projets éducatifs territoriaux.
Les personnalités auditionnées ont reconnu qu’il n’existe pas d’étude systématique, liant les rythmes scolaires aux piètres résultats scolaires et au classement PISA de la France. « Mais l’échec scolaire est socialement très typé en France. Grosso modo, 50% des élèves s’en sortent, 30% sont en grandes difficultés et 20% sont en très grandes difficultés. Et ces 20% sont socialement identifiables, ils n’ont pas la parole et sont victimes de la semaine des 4 jours » reprend Christian Forestier.

 


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